Mercredi 5 Avril 2006
Feria
Par Méluzine, Mercredi 5 Avril 2006 à 12:25 GMT+2 dans Provence, mon amour.
Allez, parlons coutumes!
Par chez moi c’est bientôt la période des ferias.
Ce sont des fêtes locales annuelles, qui sont issues de la culture hibérique et qui se caractérisent par des corridas (dans les villes disposant d’arènes), par des abrivados ou des encierros (lâchers de taureaux dans les rues), des bodegas (bars en plein air ou en caves avec musiques festives) et des bandas (orchestres de rue de type fanfare) pour danser la sévillane.
La feria nomme donc à la base un cycle de courses de taureaux ; aujourd’hui, feria taurines et fêtes ont été amalgamées et nombre de communes - y compris celles qui n'organisent aucune course de taureaux - ont ainsi rebaptisé leurs festivités patronales.
Ces fêtes durent plusieurs jours et rassemblent une foule de participants. Autochtones et touristes. Passionnés ou simples fêtards.
C’est un moment de rencontres, de beuveries et de liesse.
Voici, une petite note explicative à l’attention des non initiés (volontairement, je ne parlerai pas des corridas que je ne cautionne pas, mais qui font partie intégrante d’une véritable culture ici) :
ABRIVADO
Autrefois, on menait les taureaux destinés aux courses à la cocarde directement des pâturages aux arènes. Lorsque la distance était importante, on faisait étape, le soir venu, dans la cour accueillante d’un mas ami. Le parcours se faisait avec des cavaliers entourant le bétail guidé par les bœufs « dompteurs ».
Souvent à l’entrée des villages la foule s’amassait, et les jeunes tentaient de faire sortir un taureau. Les gardians lançaient alors leurs montures et les taureaux au galop pour leur échapper.
D’où l’origine du mot « abrivado » (abriva :accélérer,lancer,précipiter).
Aujourd’hui on a « recrée » l’abrivado à l’occasion des festivités et c’est toujours un spectacle haut en couleurs où la virtuosité des cavaliers n’a d’égal que l’allant des taureaux devenus spécialistes en la matière.
BANDIDO
C’était le lâcher des taureaux après la course qui regagnaient la manade encadrés d’un ou deux cavaliers (bandir :délivrer,lâcher). La bandido permet de savourer pleinement la maîtrise des gardians harmonisant le galop de leur cheval au rythme du « biou ».
CABESTRIA
Parmi les animations offertes aux aficionados on notera avec intérêt le déroulement d’une Cabestria. C’est toujours un moment impressionnant que de voir galoper ces grands bœufs ordinairement au pelage clair et parfaitement inoffensifs malgré la longueur de leurs cornes. Ils sont les guides du troupeau que l’on mène aux arènes et on peut les apparenter à des « chiens de berger ».
Ils ont aussi pour rôle de ramener au toril les toros refusés en piste!
Impressionnants par leur volume, ils sont généralement respectés des « bravos ». Il arrive même qu’un groupe de Cabestros manœuvre à lui seul le déplacement d’une ganadéria…. Il faut des heures de dressage pour arriver à cette harmonie. D’autres seront spécialisés pour entourer le lot ou à le fermer à la manière d’une arrière-garde. On les munira de sonnailles aux sons différents selon leur rôle et ils seront prêts à participer à toutes les opérations.
Tels sont les Cabestros que Don Quichotte et son fidèle Sancho Pança rencontrèrent sur leur route précédant et accompagnant les toros destinés à une féria.
Ce sont leurs descendants qui parcourront Les Lices entourés par les vaqueros….
Le tintement de leurs sonnailles résonnera longtemps dans vos mémoires.
COURSE CAMARGUAISE
La Camargue est le lieu d’asile des « manades » de taureaux utilisés dans les courses à la cocarde. Le « Biou » camarguais descend en droite ligne du taureau Crétois que l’on retrouve sur les fresques de Cnossos. De type fin, agile, pourvu de cornes en lyre, il sait être en piste un adversaire redoutable. Chaque éleveur qui possède sa propre « marque » et ses couleurs : « la devise », ne vit que dans l’espoir de voir les jeunes taureaux marqués au cours d’une ferrade, devenir de grands cocardiers.
Dans cette forme de combat, la bête porte entre ses cornes un petit morceau d’étoffe rouge, « la cocarde » reliée aux cornes par un « frontal » et à la base de chaque corne un « gland » blanc, le tout tenu par des ficelles.
Au cours de sa prestation d’un quart d’heure, le taureau défend ses attributs face à des hommes habillés de blanc, les « raseteurs ». Ces derniers tentent à l’aide d’un crochet de ravir la cocarde, les glands et les ficelles primés. Très souvent l’homme est poursuivi jusqu’à la barrière et c’est l’engagement total de l’homme et de la bête qui se projette en avant dans l’espoir d’accrocher le « raseteur ». Il est à noter que dans la course à la cocarde, c’est le Taureau qui a la vedette dans l’arène comme sur les affiches et les meilleurs d’entre eux sont connus de tous les amateurs et glorifiés même après leur mort. (cf les tombeaux de « Sanglier » près du Caylar ou de « Rami » aux Bernacles et les statues du « Clairon » ou de « Goya » à Beaucaire). Durant la Féria Pascale, vous pourrez voir évoluer dans la piste des arènes démontables, de jeunes « raseteurs » élèves de l’école taurine d’Arles.
ENCIERRO
L’équivalent de l’abrivado en Espagne; les simbeu se nomment « cabestros », les gardians se transforment en Vaquéros mais le principe reste le même.
Quelquefois comme à Pamplona ou à Ciudad Rodrigo, les toros vont du lieux de pacage jusqu’aux arènes uniquement avec l’aide des « cabestros ».
La variante consistant à faire courir des taureaux camarguais sur un parcours déterminé est devenu l’apanage de bien des manifestations taurines provençales. C’est à cette encierro que vous êtes conviés à assister en Arles durant la Feria.
Si vous venez, à vous trouver en pays de Crau à cette époque, il serait dommage de passer à côté de telles manifestations. Mais attention aux abus…. Le soleil, l’alcool, la fatigue et la foule peuvent être de dangereux alliés.

Par chez moi c’est bientôt la période des ferias.
Ce sont des fêtes locales annuelles, qui sont issues de la culture hibérique et qui se caractérisent par des corridas (dans les villes disposant d’arènes), par des abrivados ou des encierros (lâchers de taureaux dans les rues), des bodegas (bars en plein air ou en caves avec musiques festives) et des bandas (orchestres de rue de type fanfare) pour danser la sévillane.
La feria nomme donc à la base un cycle de courses de taureaux ; aujourd’hui, feria taurines et fêtes ont été amalgamées et nombre de communes - y compris celles qui n'organisent aucune course de taureaux - ont ainsi rebaptisé leurs festivités patronales.
Ces fêtes durent plusieurs jours et rassemblent une foule de participants. Autochtones et touristes. Passionnés ou simples fêtards.
C’est un moment de rencontres, de beuveries et de liesse.
Voici, une petite note explicative à l’attention des non initiés (volontairement, je ne parlerai pas des corridas que je ne cautionne pas, mais qui font partie intégrante d’une véritable culture ici) :
ABRIVADO
Autrefois, on menait les taureaux destinés aux courses à la cocarde directement des pâturages aux arènes. Lorsque la distance était importante, on faisait étape, le soir venu, dans la cour accueillante d’un mas ami. Le parcours se faisait avec des cavaliers entourant le bétail guidé par les bœufs « dompteurs ».
Souvent à l’entrée des villages la foule s’amassait, et les jeunes tentaient de faire sortir un taureau. Les gardians lançaient alors leurs montures et les taureaux au galop pour leur échapper.
D’où l’origine du mot « abrivado » (abriva :accélérer,lancer,précipiter).
Aujourd’hui on a « recrée » l’abrivado à l’occasion des festivités et c’est toujours un spectacle haut en couleurs où la virtuosité des cavaliers n’a d’égal que l’allant des taureaux devenus spécialistes en la matière.
BANDIDO
C’était le lâcher des taureaux après la course qui regagnaient la manade encadrés d’un ou deux cavaliers (bandir :délivrer,lâcher). La bandido permet de savourer pleinement la maîtrise des gardians harmonisant le galop de leur cheval au rythme du « biou ».
CABESTRIA
Parmi les animations offertes aux aficionados on notera avec intérêt le déroulement d’une Cabestria. C’est toujours un moment impressionnant que de voir galoper ces grands bœufs ordinairement au pelage clair et parfaitement inoffensifs malgré la longueur de leurs cornes. Ils sont les guides du troupeau que l’on mène aux arènes et on peut les apparenter à des « chiens de berger ».
Ils ont aussi pour rôle de ramener au toril les toros refusés en piste!
Impressionnants par leur volume, ils sont généralement respectés des « bravos ». Il arrive même qu’un groupe de Cabestros manœuvre à lui seul le déplacement d’une ganadéria…. Il faut des heures de dressage pour arriver à cette harmonie. D’autres seront spécialisés pour entourer le lot ou à le fermer à la manière d’une arrière-garde. On les munira de sonnailles aux sons différents selon leur rôle et ils seront prêts à participer à toutes les opérations.
Tels sont les Cabestros que Don Quichotte et son fidèle Sancho Pança rencontrèrent sur leur route précédant et accompagnant les toros destinés à une féria.
Ce sont leurs descendants qui parcourront Les Lices entourés par les vaqueros….
Le tintement de leurs sonnailles résonnera longtemps dans vos mémoires.
COURSE CAMARGUAISE
La Camargue est le lieu d’asile des « manades » de taureaux utilisés dans les courses à la cocarde. Le « Biou » camarguais descend en droite ligne du taureau Crétois que l’on retrouve sur les fresques de Cnossos. De type fin, agile, pourvu de cornes en lyre, il sait être en piste un adversaire redoutable. Chaque éleveur qui possède sa propre « marque » et ses couleurs : « la devise », ne vit que dans l’espoir de voir les jeunes taureaux marqués au cours d’une ferrade, devenir de grands cocardiers.
Dans cette forme de combat, la bête porte entre ses cornes un petit morceau d’étoffe rouge, « la cocarde » reliée aux cornes par un « frontal » et à la base de chaque corne un « gland » blanc, le tout tenu par des ficelles.
Au cours de sa prestation d’un quart d’heure, le taureau défend ses attributs face à des hommes habillés de blanc, les « raseteurs ». Ces derniers tentent à l’aide d’un crochet de ravir la cocarde, les glands et les ficelles primés. Très souvent l’homme est poursuivi jusqu’à la barrière et c’est l’engagement total de l’homme et de la bête qui se projette en avant dans l’espoir d’accrocher le « raseteur ». Il est à noter que dans la course à la cocarde, c’est le Taureau qui a la vedette dans l’arène comme sur les affiches et les meilleurs d’entre eux sont connus de tous les amateurs et glorifiés même après leur mort. (cf les tombeaux de « Sanglier » près du Caylar ou de « Rami » aux Bernacles et les statues du « Clairon » ou de « Goya » à Beaucaire). Durant la Féria Pascale, vous pourrez voir évoluer dans la piste des arènes démontables, de jeunes « raseteurs » élèves de l’école taurine d’Arles.
ENCIERRO
L’équivalent de l’abrivado en Espagne; les simbeu se nomment « cabestros », les gardians se transforment en Vaquéros mais le principe reste le même.
Quelquefois comme à Pamplona ou à Ciudad Rodrigo, les toros vont du lieux de pacage jusqu’aux arènes uniquement avec l’aide des « cabestros ».
La variante consistant à faire courir des taureaux camarguais sur un parcours déterminé est devenu l’apanage de bien des manifestations taurines provençales. C’est à cette encierro que vous êtes conviés à assister en Arles durant la Feria.
Si vous venez, à vous trouver en pays de Crau à cette époque, il serait dommage de passer à côté de telles manifestations. Mais attention aux abus…. Le soleil, l’alcool, la fatigue et la foule peuvent être de dangereux alliés.







